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Rétablir la vérité sur le règlement général sur la protection des données personnelles
25 juin 2018

RGPD : les données personnelles face aux préjugés

Depuis la mise en place du RGPD pour protéger les données personnelles dans l’Union Européenne depuis le 25 mai dernier, les critiques sont vives aussi bien en Europe que sur la scène internationale. Nombreux sont ceux qui estiment qu’il s’agit d’une véritable catastrophe ou d’une « colossale erreur ». Pour rétablir la vérité sur ce règlement qui est en train de bouleverser Internet, nous avons décidé de combattre les idées reçues. Rétablir la vérité permettra de savoir exactement de quoi il est question.

Une réglementation excessive

Les détracteurs du RGPD indiquent que la protection des données des internautes est mentionnée dans le droit européen. Ce RGPD semblerait donc inutile et chercherait simplement à faire parler de l’Europe. Accusée de sur-réglementer un secteur où une réglementation existe déjà, il est important d’être plus précis sur le sujet.

Le RGPD ne représente pas une sur-réglementation mais précise aux propriétaires de sites quels sont les droits des internautes. Au lieu d’avoir une notion floue sur la protection des données, ce règlement énumère quelles sont les obligations de chaque site. L’obligation d’indiquer le but de cette collecte et à quelles fins elles vont être utilisées et une avancée vers plus d’information pour l’utilisateur.

Bien connaître la réglementation pour la protection des données personnelles

La différence se fait également dans les contrôles qui vont être plus systématiques car l’Union Européenne souhaite créer un monde Internet plus sûr. Des sanctions ont été prévues par le RGPD pour mettre fin aux abus qui avaient lieu auparavant. Pouvant atteindre 4% du chiffre d’affaires d’une entreprise, elles pourraient facilement atteindre des millions d’euros. L’objectif du RGPD est désormais de faire entrer dans les pratiques des entreprises des obligations pour modifier en profondeur le monde virtuel. Occupant une partie importante dans la vie des internautes, une protection optimale est requise.

Un surcoût pour les entreprises

Respecter ces obligations demanderait une main d’œuvre supplémentaire. Pour pouvoir vérifier les consentements et les retraits de consentement, une toute nouvelle organisation doit être mise en place, ce qui va générer des frais importants. Le RGPD semble donc avoir un coût important pour les entreprises et l’Union Européenne n’aurait pas pensé à une aide.

La mise en place du RGPD a été réfléchie et les règles sont adaptées à la taille et au budget des entreprises. Il faut savoir que des exceptions sont délivrées à certains entreprises de moins de 250 salariés. Ce nouveau règlement doit par contre être adopté par les grandes entreprises qui gèrent chaque année des millions de données personnelles. Contrairement aux idées reçues, le coût de cette évolution peut être assumé par chaque entreprise sinon elle en est exemptée.

Avant d’exempter une entreprise, la sensibilité des données utilisées est prise en compte. Plus elle est importante, plus il semble évident que l’entreprise concernée devra en tenir compte. Le RGPD ne représente pas un coût supplémentaire dans le sens où ces efforts auraient dû être faits pour être en conformité avec le droit européen. Les entreprises qui n’auraient pas fait ces efforts auparavant vont devoir assumer leurs manquements.

Les artisans et les commerçants bénéficient de conditions particulières qui ne vont pas freiner leur activité. Ils devront simplement tenir à jour une liste complète des clients avec leur consentement pour l’utilisation des données personnelles. Ils devront en faire de même pour leurs fournisseurs et leurs employés.

Un frein pour les start-ups européennes

Contrairement aux idées reçues, le RGPD devrait au contraire favoriser la création et le développement de nouvelles start-ups. Le RGPD est commun à tous les pays de l’Union Européenne. Il ne sera donc pas utile de refaire les mêmes démarches dans chaque pays. Ce gain de temps est un véritable plus pour les créateurs d’entreprise qui possèdent des idées innovantes. Il ne sera pas utile de faire 28 fois la même démarche ou des démarches similaires.

La loi pour la protection des données personnelles est un avantage pour une start-up

Loin d’être un frein, ce règlement pourrait même permettre de gagner de nouveaux clients qui vont pouvoir s’intéresser à une marque en pleine confiance. Sachant que cette marque respecte cette réglementation, il sera facile de lui faire confiance. Ces start-ups européennes devraient donc voir leurs affaires se développer au-delà de leurs attentes.

Les échanges avec les entreprises étrangères vont également être favorisés puisque, dès lors qu’elles travaillent dans l’Union Européenne, elles doivent suivre ce RGPD. Cette règle devrait permettre de se rapprocher et de trouver de nouvelles collaborations avec des entreprises qui fonctionnent de la même façon.

La fin du Big Data avec des données personnelles inaccessibles

Un grand nombre de personnes associent à tort les données personnelles avec le Big Data. Pourtant, obtenir des données de masse est toujours possible car elles ne touchent pas toutes les données personnelles. Les données quantitatives peuvent être librement utilisées pour mettre en avant des tendances ou des habitudes d’achat.

L’anonymisation des données devrait faciliter le développement du Big Data puisqu’il sera alors possible de se pencher sur le contenu et non sur les personnes. En matière d’exploitation des données ; mettre en avant des points communs à de nombreux utilisateurs sera un plus. En fonction de ces éléments, faire évoluer le commerce ou l’entreprise pour coller aux besoins des internautes sera un atout.

Les grands groupes doivent simplement modifier leur mode de fonctionnement pour éviter les problèmes de vols de données rencontrés. Lorsqu’Uber a attendu un an pour informer de cet incident, des sanctions sont désormais prévues pour que l’utilisateur soit toujours bien informé. Le Big Data doit donc se réinventer pour pouvoir continuer sans mettre en danger ces données sensibles.

Le retour des spams

En Europe, la sollicitation par sms ou par email sans avoir obtenu un consentement préalable est interdit. Tout envoi qui ne respecte pas ces règles est contraire à la loi et peut se voir appliquer des sanctions importantes. Avec le RGPD, l’objectif est de donner le pouvoir aux principaux intéressés, à savoir les utilisateurs eux-mêmes.

Des invitations à partager ses données personnelles ou à donner l’autorisation de les utiliser se multiplient depuis l’arrivée du RGPD. En refusant de donner son accord, un internaute se protège désormais contre tout type de spam. Il va pouvoir réagir au cas par cas puisqu’il est possible de savoir qui traite ces données, dans quel but et quelles vont être les utilisations prochaines.

Le respect des données personnelles ne signifie pas le retour des spams

Donner son consentement ne signifie pas pour autant être la cible de nombreux envois. Tout peut être paramétré puisque l’accès aux sollicitations prévues va permettre de décider les envois acceptés et ceux refusés. Le RGPD offre donc aux particuliers une tranquillité d’esprit puisque seuls les contenus intéressants et pertinents pourront être reçus. Ces changements vont demander aux entreprises de s’adapter en respectant scrupuleusement les choix des internautes.

La porte ouverte à la censure

Loin de censurer, le RGPD a pour objectif une meilleure communication entre entreprises et clients. En mettant en place des bases plus saines, les échanges vont pouvoir se faire en toute confiance. Ce règlement qui protège les internautes européens pourrait même conduire à une augmentation de la clientèle. Les personnes qui n’utilisaient pas souvent internet par peur de voir leurs données personnelles utilisées pourront désormais le faire sans risques.

Offrir plus de droits aux européens n’est pas une censure mais une invitation à se positionner autrement. Voir simplement les intérêts de l’entreprise ne pouvait pas s’inscrire dans l’avenir. Les progrès technologiques doivent être suivis des progrès des pratiques et le RGPD va dans ce sens.

Une Europe en perdition

L'Europe s'engage pour la protection des données

Loin d’être une erreur, le RGPD est né après de longues années de travail afin de dessiner le monde numérique de demain. Cette décision a été validée par chaque pays de l’Union Européenne car elle correspond à une façon parfaite de concilier humain et technologie. Le RGPD est donc un véritable progrès là où il n’existait rien en matière de données personnelles. Laisser ces informations exposées n’était plus possible donc prendre la responsabilité de légiférer pour protéger est une grande décision de la part de l’Europe.

L’Europe change les règles du jeu puisque les entreprises étrangères qui souhaitent accéder au marché européen et à leurs 500 millions de consommateurs vont être dans l’obligation de suivre également ces règles. Avec cette première pierre à l’édifice, le RGPD devrait donc prochainement être adopté au niveau international. L’Union Européenne a donc œuvré pour la protection des données personnelles des internautes du monde entier.

De grandes marques comme Microsoft ont d’ailleurs tenu à annoncer qu’elles s’engagent à respecter le RGPD, convaincues de son intérêt. Un changement de fond est donc en train de s’opérer et l’internaute est désormais au centre des préoccupations. Les marques qui acceptent ce nouveau règlement vont d’ailleurs montrer une bonne image. Il y a donc fort à parier que son adoption sera facile, même si sa mise en place va demander un grand nombre d’efforts.

Le Japon et l’Argentine sont d’ailleurs en train de mettre en place un règlement équivalent dans leur pays afin de participer à la construction d’un nouveau monde numérique. Dans le futur, un grand nombre de pays devraient se pencher sur ce problème afin de protéger les données personnelles et construire des expériences plus sûres. L’Europe a donc réussi à démontrer qu’innovation et valeurs pouvaient être associées.